Les paysans s’en sont allés, relégués par l’Histoire. Villages et hameaux n’ont plus de destinée agricole. Mais la campagne, dans la mémoire individuelle et collective, a toujours l’odeur des vieux terroirs…
Il reste en Périgord des paysages ruraux, écrins des paradis perdus de l’enfance, qui ont forgé l’espace d’un imaginaire gagné par la nostalgie de l’enracinement. Ils sont nés avec le courage des hommes de la terre pour former l’identité d’un territoire rassemblant sur eux-mêmes l’image idéale de l’éternité.
Ces paysages-là, œuvres d’une humanité laborieuse, furent aussi dans l’histoire de la peinture périgourdine au cœur des préoccupations des meilleurs artistes locaux.
À la fin de l’histoire, celle de la paysannerie et celle des Trente Glorieuses, l’espace pictural s’est rétréci. La vision de l’espace terrien a changé mais il perdure dans la trace : « l’archéologie du terroir » a commencé.
C’est de cet amour que les paysans lui portèrent durant des siècles que renaît sans cesse l’harmonie de la campagne périgordine. Il s’est transformé en émotions et en souvenirs quand bien même jadis soit irrattrapable.
Alors que l’évolution de l’homme à la nature porte à notre époque d’autres images de la campagne à d’autres regards et à d’autres préoccupations, comment regarder celle-ci sur les valeurs reconduites de la rêverie ou de l’utopie rustique ? Comment, au nom de l’histoire de la ruralité à conserver en Périgord et la lutte contre l’oubli, inscrire celle-ci dans la modernité artistique ? Comment, éprouvé par la disparition paysanne, le paysage s’est-il forgé un destin à la recherche de nouvelles expressions ?
